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L’association des Capucins ayant élargi sa sphère d’influence avec l’arrivée de nouveaux membres venant du quai Lassagne, des rues Royale et Alsace Lorraine, voici quelques éléments de l’histoire de ces lieux communément appelés le quartier Saint Clair, jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale.  

 

Ce quartier s’est développé plus tardivement que celui des Capucins car il était au bord du Rhône.Pour protéger la ville du fleuve, les bords du Rhône étaient ceints par un rempart jusqu’au bastion Saint Clair (montée Bonnafous). Ce rempart zigzaguait le long du Rhône, troué de portes pour l’accès au fleuve. Notamment une porte dite des « Terreaux » ou de « l’abreuvoir du Rhône » dans l’axe de la rue Puits Gaillot. Au XVII° siècle, c’est la construction (et la reconstruction après un incendie) de l’Hôtel de Ville, place des Terreaux. Le jardin des échevins s’étend alors jusqu’au rempart. On installe au bord du Rhône une pompe pour alimenter les fontaines de l’Hôtel de Ville. A l’emplacement du nord de la place Tolozan, il y avait un éperon rocheux, où tournaient encore des roues de moulins installés sur des bateaux. En 1659 Camille de Neufville fonde  au-dessus de la place Croix-Paquet le séminaire Saint Irénée. Montée Saint Sébastien, il y a encore aujourd’hui un immeuble situé dans le jardin. On peut remarquer à un angle du bâtiment une pierre qui sort du mur et semble être une arête d’ogive ! Une partie du jardin Croix-Paquet est celui de l’ancien séminaire. Les terrains au pied de la rue des Fantasques appartiennent alors aux Dames de Saint Pierre. A la hauteur de la place Chazette, il y a la chapelle Saint Clair, reconstruite en 1656, à côté  de l’ancienne recluserie Saint Irénée dont la maison n’existe plus. Saint Clair est le patron des quincaillers, des verriers, des tailleurs et des couturières. On l’invoque pour les maladies des yeux. Les mères viennent prier le saint pour leurs enfants rachitiques. En ce lieu, il y avait la dernière porte de la ville au nord : la porte Saint Clair qui ouvrait sur le Rhône et le port Notre Dame. Puis on butait sur le bastion Saint Clair qui protégeait la ville au nord. A la fin du XVII°  siècle, l’Hôtel de Ville se situe tout à fait au nord de la ville si l’on excepte les constructions de la colline de la Croix-Rousse. La ville ne peut plus se développer vers le nord. Pour sortir de la ville dans cette direction il faut grimper à la Croix-Rousse car il n’y a pas de voies terrestres le long des fleuves et rivières. Les choses vont évoluer au XVIII° siècle.  Soufflot arrive à Lyon et en 1741 il commence à reconstruire la façade de l’Hôtel Dieu côté Rhône. La même année, l’architecte F. Delamonce contruit la maison Tolozan pour un négociant en soierie. Soufflot achète l’île et les lônes du Rhône ; il forme une compagnie avec d’autres architectes.Cette compagnie va assécher les zones marécageuses sous la rue des Fantasques. Pour cela, on enfonce verticalement des troncs d’arbres pour solidifier le sol. Si vous êtes curieux, lorsque le fleuve est très bas, depuis le pont De Lattre en regardant sous la bretelle d’accès au pont, on voit encore affleurer des troncs d’arbres après plus de deux siècles et demi. Cet assèchement va dégager des espaces pour l’extension de la ville. En 1745, c’est la création d’un quai promenade, le quai Saint Clair (actuellement quai Lassagne) après la démolition des remparts. Derrière, sont ouvertes les rues Royale, des Deux Angles (l’actuelle rue Alsace Lorraine) et la place Chazette. Les parcelles sont réparties entre les différents membres de  la compagnie, à charge pour eux  d’y construire des immeubles. La plupart seront élevés entre 1755 et 1765. En 1756, Soufflot  construit dans le jardin des Echevins entre l’Hôtel de Ville  et le Rhône, une salle de spectacle. C’est tout un quartier qui se développe. Le Bastion Saint Clair est démoli et l’on pourra continuer à ouvrir la ville vers le nord, en créant un quai le long du Rhône vers la Bresse.En 1774, un pont de bois est construit sur le Rhône, une avenue est tracée vers les Brotteaux en direction des Charpennes. A la fin du XVIII°, le Quartier Saint Clair est aménagé, c’est le quartier à la mode. La bourgeoisie vient y habiter. A la fin du XIX° siècle, en 1891, est créé un chemin de fer à corde au bout de la rue Alsace Lorraine, place Croix-Paquet. Il  est communément appelé « La Ficelle ». Il est muni d’un wagon plateforme utilisé par les maraîchers ou par des employés de  soierie. La protection est sommaire : une simple chaîne accrochée à des piquets maintient véhicules et humains sur la plateforme pendant le trajet dans le noir du tunnel. Cette « ficelle », ainsi que celle de la rue Terme, est très appréciée car elle facilite beaucoup les échanges entre le haut de la Croix-Rousse et la ville. En 1896, est construite l’école Michel Servet. Puis la construction du tunnel de la Croix-Rousse entre 1939 et 1952 changera la physionomie du quartier, car elle entraîne la destruction d’immeubles datant du XVIII° siècle et coupe la place Chazette du quartier.                                                                                                                                                            

Blandine ISAAC

Informations tirées  du livre « Le Lyon de nos Pères » aux éditions Vingtrinier (1901). 

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